Affichage des articles dont le libellé est Média. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Média. Afficher tous les articles

mercredi 8 août 2007

Affaire Villaraigosa : vigoureux coup de balai à Telemundo

Après l'investigation, la sanction. Telemundo 52, la chaîne latino de Los Angeles où j'effectue mon stage, vient d'annoncer la mise en congé pour deux mois et sans salaire de la présentatrice vedette Mirthala Salinas. Celle-ci est punie pour avoir caché à sa rédaction sa liaison avec Antonio Villaraigosa, le maire latino de Los Angeles.... et avoir annoncé en scoop, durant son JT, le divorce de l'édile !
A l'inverse des pratiques françaises, où les relations compromettantes politiques-journalistes restent tabou, la station a réagi fermement. General Electric, qui possède Telemundo via NBC Universal, a visiblement peu apprécié l'affaire. Vendredi 3 août, au terme de trois semaines d'enquêtes, des sanctions ont été annoncées contre la journaliste, mais aussi le directeur de la rédaction, le directeur et le gérant de la station. Au regard des précedents américains, beaucoup ici s'attendaient même à des punitions plus lourdes.
Je suis impressionné par la transparence de la chaîne, qui a annoncé la décision sur son antenne, avant d'envoyer immédiatement ses journalistes malmener le maire sur la question. Comme à chaque fois dans cette affaire les reporters, toutes chaînes confondues, se sont déchaînés - impensable en France de crier à un politique : "Et tu vas nous dire à la fin combien tu t'es tapé de filles ?". Les dérushages n'en sont que plus réjouissants.

lundi 30 juillet 2007

De Tijuana à Los Angeles, les disparus de la frontière

Les clandestins d'un côté, los migras de la Border patrol de l'autre. Chaque année, plus d'un million de personnes traversent illégalement la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, y compris à Tijuana, où le mur américain et le no man's land gardé jour et nuit semblent pourtant infranchissables. Certains évoquent des complicités des policiers américains, achetés par les coyotes. Sur le mur mexicain, une fresque et des croix rappellent que plus de 400 personnes périssent chaque année en tentant de passer de l'autre côté.
De retour à Telemundo, j'ai découvert que le passage de la frontière donnait lieu à de fréquentes disparitions. De nombreuses familles sont sans nouvelles de proches, partis tenter l'aventure ou qui se sont perdus dans Los Angeles peu après leur arrivée. Cet extrait du programme En Contexto, le JT du journaliste Rubén Luengas, présente quelques uns de ces cas. En préparant mes interviews pour l'émission Reencuentro, je reçois quotidiennement les témoignages souvent déchirants de ces frères, parents ou amis qui continuent à espérer retrouver l'être cher, des années après.
En outre, j'ai le sentiment que toutes ces disparitions ne sont pas accidentelles. Dans la société mexicaine, où la famille prend une place essentielle, beaucoup n'acceptent simplement pas l'idée que leur proche se soit offert une nouvelle
vie - en coupant volontairement les ponts après son arrivée aux Etats-Unis.


mercredi 18 juillet 2007

Valeureux défenseurs de la Comunidad

Impossible de se balader dans Los Angeles sans tomber sur une pub pour un avocat ou une agence s'offrant généreusement "al servicio de la comunidad". A coups de clips pompeux, des cabinets comme les Defensores ( !!!) se partagent le juteux marché des latinos sur le long chemin de la naturalisation. Alors que le gouvernement augmente de 69% les frais de ces démarches dans quelques jours, ceux-ci sont littéralement pris d’assaut.
Pour se concilier les bonnes grâces de leur publique, les médias latinos de LA se sont auto-désignés porte-parole de la Comunidad. Univision 34 et Telemundo 52 proposent des programmes où les reporters vont défendre la veuve et l’orphelin face aux autorités. Ils sont suivis: chaque matin, le répondeur de ma chaîne est plein d’émouvants appels au secours. La Opinión propose carrément un dialogue quotidien entre le maire Villaraigosa et ses lecteurs, dans sa colonne "Alcalde, yo pregunto". Un genre de déclinaison californienne de "Aló Presidente", la célèbre émission télé du président vénézuélien Hugo Chavez. La démocratie directe a encore frappé.

lundi 16 juillet 2007

Spanglish et "ciudad limpio" : les coulisses des médias latinos

Cette après-midi, je visionne une intervention d’Antonio Villaraigosa, le maire latino de Los Angeles, afin d’en extraire quelques secondes pour le journal de Telemundo. Première surprise, il s’adresse à la presse en anglais puis délivre -plus brièvement- le même message en espagnol. Les médias hispanophones sont un relais important envers la Comunidad et le maire leur réserve des messages à chaque intervention publique.
Seconde surprise : l’espagnol de Villaraigosa laisse un peu à désirer. L’accent n’est pas génial (le francesito sait de quoi il parrrrrle). L’édile latino se paye même une faut d’accord, en nous promettant "la ciudad la más limpio del mundo". Aïe !

Mon étonnement amuse mes collègues : beaucoup sont nés ici et avouent volontiers hésiter parfois dans la langue de Cervantès. Tout le monde pratique un joyeux spanglish où l’on saute sans crier gare d’une langue à l’autre, sans logique particulière. Quant aux présentatrices, sitôt le direct terminé, elles ne parlent plus qu’anglais…

jeudi 12 juillet 2007

Ces jours sans mexicains à Orange County


Depuis cinq jours, les médias latinos multiplient les « breaking news », rivalisant d’inventivité pour trouver des angles originaux sur un gros conflit social. La grève des transports du comté d’Orange, au Sud de Los Angeles, affecte surtout les latinos, qui comptent pour les deux-tiers des passagers selon un éditorial de La Opinión. Ici, il n’y a guère que les touristes et les gens pauvres qui prennent le bus. Ceux qui empruntent ces lignes gagnent moins de 20.000 $ par an, et la plupart n’ont ni voiture, ni permis de conduire.

Les reportages montrent la galère des travailleurs qui craignent de perdre leur boulot faute de pouvoir s'y rendre et les magasins fermés faute de personnel. En voyant ces images, je repense au film Un jour sans mexicain, de Sergio Arau, qui met en scène le désaroi d'américains complètement paumés après la disparition soudaine des travailleurs latinos.

samedi 7 juillet 2007

Le maire de LA avoue une relation avec la présentatrice star de ma chaîne


Un peu de people dans ce trop sage blog ! Le maire latino de Los Angels, Antonio Villaraigosa, a avoué une relation extra-conjuguale avec Mirthala Salinas, la présentatrice vedette du JT de Telemundo 52 (la chaîne où je réalise mon stage). Dans la grande tradition américaine, il s'est livré durant une conférence de presse télévisée, mardi 3 juillet, en anglais et en espagnol.

Un homme politique qui sort avec une journaliste : une telle affaire serait impossible en France, où la presse sait tenir ses distances avec le pouvoir, comme chacun le sait…

Le Monde du 7 juillet revient sur cet incident de parcours de « l’étoile montante démocrate », tandis que La Opinión, le même jour, en minimise l'impact sur la carrière de Villaraigosa . Le Los Angeles Times, de son côté, propose un dossier complet sur cette « saga d’un été de l’amour ». Telemundo ne s'est pas contenté de suspendre la présentatrice : la chaîne a consacré un programme entier à cette actu. Et moi, je vais éviter le sujet mardi, premier jour de mon stage !

dimanche 1 juillet 2007

Vie et mort de la réforme migratoire américaine

Enterrée, la loi migratoire, envolés les espoirs des latinos ! La nouvelle du jour fait la une, jeudi 28 juin, de La Opinión, le journal le plus lu par la comunidad. Quand à Telemundo, il lui consacre carrément une soirée spéciale, avec les réactions en direct des téléspectateurs.
Les médias latinos, qui s'étaient massivement engagés en faveur du texte, ne cachent pas leur déception. Depuis mon arrivée ici, j'ai trouvé des colonnes entières d'articles appelant les lecteurs à faire pression sur les parlementaires au Sénat. Les mêmes journalistes n'hésitant pas, dans le même temps, à dénoncer le lobbying anti-loi du camp opposé, notamment de la part des radios anglophones conservatrices. Au lendemain de la défaite, Jorge Ramos, présentateur vedette du journal télévisé la chaîne Univision, exprime son amertume dans La Opinión, avec un étrange raisonnement coût/bénéfice. Pour lui, la légalisation des 12 millions de clandestins serait une façon de les remercier pour leur travail... et rapporterait surtout 25 millions de dollars d'impots à l'Etat dans les 10 ans à venir !
Désillusions
En fait, cette loi soutenue officiellement par le Président George Bush a fait l'unanimité contre elle. Les conservateurs les plus durs y voyaient une amnistie pour les immigrants clandestins. Les syndicats de travailleurs américains craignaient une menace pour leurs emplois. Les associations d'immigrants, de leur côté, ont critiqué les conditions drastiques imposées pour la naturalisation ainsi que l'alourdissement des sanctions prévus contre les clandestins. Pourtant, ils avaient appuyé la loi en éspérant qu'elle serait tempéré lors de son passage devant la Chambre des représentants puis devant le Comité de conciliation.
Las, au Sénat, la loi n'a obtenu que 46 voix sur les 60 nécéssaires. Sans illusion, les partisans de la réforme appellent à la mobilisation pour éspérer un nouveau texte en 2008. En fait, personne ne devrait se risquer à relancer un débat aussi explosif avant les prochaines présidentielles. Les clandestins attendront.